1. IS
  2. FR
  3. Agenda

Année académique 2026-27 | SEMINAIRE Approches Critiques de la Race - Critical Approaches to Race

Publié le 24 septembre 2026 – Mis à jour le 28 septembre 2026

Sociologie de la blanchité critique : une (auto)-ethnographie des affects de vulnérabilisation en situation de militantisme antiraciste

8 OCT 2026 | 10h-12h
ULB, bâtiment S, 12e étage, salle Rokkan
Evé MAYENGA - Enquêter sur la colonialité de la production cinématographique. Pour une approche structurelle de la race et du racisme
26 NOV 2026 | 10h-12h
VUB, BsoG, Pleinlaan 5, -1 floor, room Lisbon
Saloua BERDAI CHAOUNI - British Indian Educational Success: A Critical Race Theory counter-story to the Rishi Sunak celebration of racial triumph
17 DEC 2026 | 10h-12h
ULB, bâtiment S, 12e étage, salle Rokkan
Léo MANAC'H - La fin du sida était possible. Racisme, peur et résistance dans la lutte contre le sida. 

Le séminaire « Approches Critiques de la Race – ACR » est coorganisé par le LAMC (Laboratoire d’Anthropologie des Mondes Contemporains), le GERME (Groupe de Recherche sur les Relations Ethniques, les Migrations et l'Égalité) et le REPI (Recherche et Études en Politique Internationale) de la Faculté de Philosophie et Sciences Sociales de l’ULB, par l’Observatoire du Sida et des Sexualités de la Faculté de Psychologie, Sciences de l’Éducation et de la Logopédie de l’ULB, ainsi que par le BIRMM (Brussels Interdisciplinary Research Centre on Migration and Minorities) de la VUB.

Ce séminaire a pour ambition d’offrir un espace académique aux jeunes chercheur·e·s afin de présenter leurs travaux, en cours ou achevés, et d’enrichir leurs réflexions. Le séminaire CAR-ACR propose une démarche articulant théories décoloniales, postcoloniales et Critical Race Theory, en interrogeant les phénomènes liés à la race et au racisme dans divers contextes.

Il s’agit du premier séminaire universitaire organisé en Belgique sur les théories critiques de la race, un champ d’étude pluridisciplinaire majoritairement anglophone, qui analyse non seulement les formes de racialisation et de racisme dans les sociétés humaines (occidentales et non occidentales), mais aussi les formes de subjectivation auxquelles recourent les personnes racialisées face à la racialisation.

-------

The "Critical Approaches to Race – CAR" seminar series is co-organized by the LAMC (Laboratoire d’Anthropologie des Mondes Contemporains), the GERME (Groupe de Recherche sur les relations Ethniques, les Migrations et l'Égalité), and the REPI (Recherche et Études en Politique Internationale) of the Faculté de Philosophie et Sciences Sociales at ULB, by the Observatoire du Sida et des Sexualités of the Faculté de Psychologie, Sciences de l’Éducation et de la Logopédie at ULB, as well as by the BIRMM (Brussels Interdisciplinary Research centre on Migration and Minorities) at VUB.

This seminar series has the ambition to offer an academic space for young researchers in which to present their work, whether in progress or completed, and enrich their reflections. The CAR seminar invites to an approach combining decolonial and postcolonial theories and Critical Race Theory through the questioning of phenomena linked to race and racism in different contexts.

This is the first university seminar organized in Belgium on Critical Race Theories, a mainly English-speaking multidisciplinary field of study aimed at analyzing not only the forms of racialization and racism in human societies (Western and non-Western), but also the forms of subjectification that racialized people resort to in the face of racialization.



Infos et inscriptions : Home - VUB Birmm

  • Evé MAYENGA | 8 OCT 2026 - ULB, bâtiment S, 12e étage, salle Rokkan

Enquêter sur la colonialité de la production cinématographique. Pour une approche structurelle de la race et du racisme

 

Si la race a depuis longtemps fait l’objet d’enquêtes et de réflexions sociologiques dans les mondes académiques francophones, elle semble aujourd’hui s’autonomiser comme objet scientifique à part entière. Ces dernières années, dans le contexte de critiques sociales du racisme et de la colonialité du savoir, le nombre de thèses, d’espaces et de publications spécialisées a augmenté. L’intégration des thématiques raciales à des espaces académiques centraux suggère la légitimation scientifique de la race comme objet et la recomposition des manières sociologiques de l’étudier. Alors que celles-ci ont été introduites dans la recherche francophone par un prisme matérialiste, des recherches récentes les rapprochent davantage des courants constructivistes d’analyse des rapports de pouvoir.

 

Cette communication propose d’interroger les limites théoriques et politiques de ce déplacement à partir d’une recherche sur la production culturelle. Elle s'appuie sur une enquête doctorale menée entre 2017 et 2022 et consacrée à un dispositif de financement public d’un cinéma dit de la « diversité ». Cette recherche part d'un postulat constructiviste selon lequel l'attention portée aux processus de racialisation des populations désignées comme appartenant à la « diversité » offre une entrée empirique privilégiée pour analyser les rapports sociaux de race qui structurent le secteur audiovisuel français. Ce postulat n’a cependant pas résisté au travail empirique sur les politiques de « diversité ».

 

Bien que l’étude des processus de racialisation ait permis de documenter les manifestations du racisme, elle n’a pas suffi, au cours de l’enquête, à en identifier les causes et les mécanismes structurels. Dans le cas du cinéma, l’attention aux formes d’altérisation raciale produites par les films, les institutions et les professionnel×les n’a pas permis à elle seule de saisir les rapports de pouvoir qui organisent la distribution des bénéfices et des positions professionnelles. À qui ou à quoi profitent la marginalisation symbolique et l’exclusion de l’accès aux moyens de production des groupes racisés ? En reformulant cette question, l’enquête a révélé la centralité de la colonialité dans l’analyse des structures de production du cinéma français

 

Evé Mayenga est docteur et enseignant en science politique. Ses travaux s’intéressent aux rapports sociaux de race qui organisent la production intellectuelle et culturelle. Il a mené plusieurs enquêtes sur les circulations académiques de l’intersectionnalité et sur les politiques de « diversité » dans le cinéma français. Chercheur associé au CESSP et post-doctorant dans le cadre du projet ARCHERIF à l’Université Aix-Marseille, il prépare actuellement la publication de sa thèse.

  • Saloua BERDAI CHAOUNI | 26 NOV 2026 - VUB, BsoG, Pleinlaan 5, -1 floor, room Lisbon

Ageing under racism: a decolonial approach
  • Léo MANAC'H | 17 DEC 2026  - ULB, bâtiment S, 12e étage, salle Rokkan

La fin du sida était possible. Racisme, peur et résistance dans la lutte contre le sida. 

Les activistes de la lutte contre le VIH/sida ont dès les débuts de l’épidémie politisé les hiérarchies des vies qu’elle révélait à partir des publics qu’elle ciblait : gays, usager·es de drogues, travailleuses du sexe, personnes immigrées vivant dans les pays des Nords – et celles qui vivent dans des pays à ressources limitées. Mais là où une « fin du sida » semblait se dessiner par la maîtrise de l’épidémie, la coupe des financements états-uniens et le désengagement plus feutré de nombreux autres États laisse présager un rebond épidémique dramatique : 3 à 6 millions de morts en plus d’ici 2030 dans les pays du Sud global. Si les politiques de prévention et d’accès aux traitements sont encore possibles dans les Nords, malgré la fragilisation des systèmes de santé publiques, ce coup d’arrêt brutal de nombres de programmes de lutte contre le sida dessine une internationale fascisante qui n’essaie même plus de faire semblant que toutes les vies, aux Nords et aux Suds, se valent. Comment les militant·es continuent à se mobiliser dans ce contexte particulièrement angoissant ? Comment politisent-iels un retour des mort·es du sida depuis le Sud global ? Et comment combattent-iels le racisme, à l’extérieur mais aussi en interne des espaces de mobilisation ? Pour déplier ces interrogations, cette intervention s’appuiera sur trois enquêtes ethnographiques portant sur les émotions dans la lutte contre le VIH/sida, à partir du cas français : une thèse sur le découragement militant dans la lutte pour la défense des droits des étranger·es malades, une enquête sur la sociohistoire des résistances aux extrêmes droites depuis la lutte contre le sida et une recherche sur les vies hantées du sida et les politiques du deuil.

 

Léo Manac’h est anthropologue, chercheur postdoctorant au Sesstim, Université d’Aix-Marseille. Financée par Sidaction, sa recherche actuelle dresse une sociohistoire des résistances aux extrêmes droites dans la lutte contre le sida depuis les années 1980 en France. Il s’intéresse plus largement à la place des émotions dites « négatives » (épuisement, angoisse, chagrin) dans les mobilisations et poursuit ainsi ses travaux de thèse consacrés aux politiques du découragement. Parmi ses dernières publications : (avec le collectif EthnoAides), Aides, 1984 – 2024. Les transformations d’une association de lutte contre le sida aux Presses Universitaires de Lyon en 2024; « Militer contre l’invisibilité, devenir inaudibles. Une ethnographie de la lutte pour le droit au séjour pour soins (1991-2020) » dans la revue Terrains / Théories en 2024.

Comité organisateur 

Cai Chen (LAMC), Sarah Demart (OSS), Martin Frager Perrier (LAMC), et Elena Tadros (GERME), avec le soutien d’Abdellali Hajjat (GERME), Jean Illi (LAMC) et Leila Mouhib (UMons)
Date(s)
Le 8 octobre 2026
Date(s)
Le 26 novembre 2026
Date(s)
Le 17 décembre 2026